BBC Passive ou positive - Choisissez votre maison de demain
Passive ou positive ? Choisissez votre maison de demain.
A l’heure
où les propositions du Grenelle de l’environnement entrent en
application, quelles sont les solutions concrètes pour les économies d’énergies
dans la construction ? Force est de constater que le consommateur ne
manque pas de labels et d’appellations vers lesquels se tourner, sans compter
les noms qui fleurent bon le marketing et les marques déposées. Des noms qui
aiment à chatouiller une conscience écologique naissante sans pour autant être
explicites. Concentrons-nous sur trois types de bâtiments économiques avec un
expert : le bâtiment basse consommation (BBC), la
maison passive et la maison à énergie positive. Dusan
Novakov, ingénieur suisse, travaille sur ces types de bâtiments en Suisse et en
France. Associé aux architectes du Groupe Architecteurs sur le projet Adélie, il
a aidé à la réalisation de la première maison positive des Architecteurs
également labellisée Effinergie.
Qu’est-ce qu’une maison à basse consommation ?
Pour bien comprendre ce qu’est la basse consommation selon la norme
française, il faut connaître la notion d’énergie primaire. L’énergie
primaire, c’est l’énergie réellement consommée pour un kWh à savoir
votre kWh + l’énergie nécessaire pour le produire et l’amener jusqu’à vous. On
mesure la consommation énergétique d’un bâtiment en kWh d’énergie primaire par
m² et par an. Aujourd’hui, en France, la règlementation thermique 2005 (RT2005)
exige que la consommation énergétique d’un logement n’excède pas 85
kWhep/m²/an. Le bâtiment à basse consommation va plus loin, puisque sa
consommation doit être inférieure à 50 kWhep/m²/an (chiffres
qui peuvent être adaptés selon l’altitude et la situation géographique). Cette
exigence varie quelque peu selon les labels : Minergie (Suisse) et
Effinergie (France). Mais ces labels sont difficilement
comparables, d’une part à cause des différences de méthodes de calculs et des
coefficients, mais également à cause des usages et des surfaces qu’ils prennent
en compte. La finalité, cependant, reste la même : réaliser pour
l’habitant une maison aux consommations très faibles.
Qu’est-ce qu’une maison passive?
La maison passive va encore plus loin que la maison BBC. Deux labels
recouvrent cette appellation : Passivhaus (Allemagne) et Minergie P (Suisse). La
consommation d’énergie de chauffage d’une maison passive ne doit pas excéder
15 kWh/m²/an. La consommation en énergie primaire exigée, moins de
120kWhep/m²/an, est quant à elle difficilement comparable avec
les standards français et suisses, encore une fois à cause des méthodes de
calculs. Les clés pour la réalisation de tels bâtiments sont une isolation très
forte et une étanchéité à l’air optimale. Les labels Passivhaus et Minergie P,
bien que venant d’Allemagne et de Suisse, sont applicables en France.
Et une maison à énergie positive, qu’est-ce que c’est ?
Les experts, qu’ils soient scientifiques, ingénieurs ou architectes, en sont
encore à poser une définition commune. Mais pour schématiser, c’est une maison
qui en plus d’être passive produit un surplus d’énergie. Elle
subvient à ses propres besoins et même plus via la production d’une
énergie renouvelable, le plus souvent solaire. Après se pose
la question de l’utilité d’un tel surplus ? Pour le moment les solutions
qui s’offrent à l’habitant sont limitées à la vente de cette
« surproduction » à EdF, selon certaines conditions. Mais si l’on
considère l’avenir et les récentes volontés de promouvoir les véhicules
électriques, on se rend compte qu’une maison positive complèterait parfaitement
l’achat d’une voiture électrique : l’habitant habiterait sa propre station
service électrique. On atteindrait ainsi une autonomie d’énergie quasi-totale
et les émissions de carbone en seraient réduites d’autant.
Ce type de maisons autonomes est-il accessible ?
La maison BBC est parfaitement accessible, même en rénovation. En revanche
pour du passif ou du positif, cela n’est pour le moment réalisable que sur des
constructions neuves. Avec Jacques Allier et Frédéric Myotte, deux
Architecteurs, nous avons réalisé et livré la première
maison positive labellisée Effinergie. Les techniques de construction
sont en perpétuelle évolution mais disponibles. Une telle opération génère
obligatoirement un coût, mais facilement surmontable au regard des économies
réalisées sur les factures d’électricité et de gaz, mais également des
aides de l’Etat et des collectivités locales. Des aides qui
concernent également l’équipement en panneaux solaires, ce qui n’est pas le cas
en Suisse par exemple. Ce type d’incitation est un bon accélérateur de
croissance pour les maisons à énergie positive. Pour ce qui est de la
rénovation thermique, à travers le projet
Adélie auquel je travaille avec les Architecteurs,
Edf R&D et Pouget Consultants (projet lauréat et conduit par la Fondation
Bâtiment Energie), nous cherchons à rendre ce type de bâtiment plus accessible
en créant un véritable réseau d’améliorateurs de l’habitat.
Marc Feuillant
Publié le lundi 14 décembre 2009 par le Webmaster, pour l'auteur