Depuis deux ans, lesarchitectes du Groupe Architecteurs, à travers le programme ADELIE, font la promotion d’un bâti performant plutôt que du recours à des équipements énergétiques compensant les pertes d’un bâti de moindre qualité thermique. Ils entendent bien utiliser la meilleure énergie qui soit : celle que l’on ne consomme pas.


L’habitat, au sens large, représente en France 40% de notre consommation énergétique et des émissions de gaz à effet de serre. Les pouvoirs publics ont donc initié, dès 1988, une diminution significative et progressive des consommations liées à ce secteur à travers les diverses réglementations thermiques. Après les labels allemands Passivhaus et suisses Minergie, Minergie-P, la France a introduit le label BBC-Effinergie dont l’objectif est de 50 kWh/m2/an en énergie primaire.


Une majorité de constructeurs engagés sur la voie de la basse énergie recourt à des moyens simples pour y parvenir :

  • Majoration de 50% environ des épaisseurs d’isolants habituels (murs, sols, plafond)
  • Diminution sensible des ponts thermiques
  • Recours quasi systématique à la ventilation hygroréglable B basse consommation basée sur la présence humaine
  • Production d’eau chaude sanitaire par ballon électro-solaire
  • Production de chaleur par pompe à chaleur ou par chaudière à granulés de bois


La présence de capteurs solaires pour l’eau chaude et de technologies récentes dans l’habitat suffisent à l’acquéreur qui ne voit pas le tour de passe-passe, rassuré par l’apparente modernité des solutions adoptées. En fait, rien n’a véritablement changé : les fenêtres sont les mêmes, toujours à double vitrage, la ventilation simple flux rejette toujours de l’air chaud que l’on a payé, la protection solaire est assurée par des volets roulants sources de fuites et de privation de lumière naturelle …


En 2020, les bâtiments seront vraisemblablement à énergie positive (BEPOS). Alors que les propriétaires de la plupart des maisons BBC construites en 2010 n’auront pas remboursé la moitié du capital investi, la valeur vénale de leurs biens vieux d’à peine 10 ans sera donc sensiblement réduite.


En regard de cette pratique caractérisée par l’absence de capacité d’évolution dans le temps et qualifiée de BBC moins, les Architecteurs préfèrent la réduction drastique des besoins en chaleur, l’amélioration de l’enveloppe des bâtiments donc de leur pérennité et l’optimisation des apports solaires. Tout cela se joue dès la conception par :

  • des parois présentant un coefficient d’isolation proche 0,10 W/m2.°K
  • la suppression des ponts thermiques et de toutes les fuites
  • des menuiseries présentant un coefficient d’isolation divisé par 2 ou 3
  • la récupération des pertes de ventilation par échangeur double-flux
  • la recherche d’une étanchéité à l’air poussée de l’enveloppe
  • la recherche d’inertie thermique


Le résultat de ces mesures valorise les chaleurs gratuites (hors apports solaires) et la demande de chauffage est divisée par deux : ce n’est qu’à partir d’une température extérieure inférieure à 12° qu’il est nécessaire de recourir à un moyen artificiel. La faiblesse de la puissance nécessaire par une température de -10°, de l’ordre de celle d’un gros fer à repasser, rend inappropriés les appareils traditionnels. La production d’eau chaude pour le chauffage et pour les besoins sanitaires sera assurée par un appareil thermodynamique mis au point par Dusan NOVAKOV, consultant des Architecteurs, avec la collaboration d’un industriel. Ultérieurement, le propriétaire pourra adjoindre des capteurs solaires thermiques et/ou photovoltaïques permettant ainsi une production d’énergie primaire supérieure à la consommation.


La baisse des émissions de gaz à effet de serre est un enjeu de la plus haute urgence. Prise sous cet angle la lutte contre le réchauffement climatique bénéficie d’abord au confort et la santé des habitants.